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Iala Iedastré
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Journal ouvert d’une Luxienne

le Ven 29 Juin 2012 - 14:04
Pourquoi ?
Pourquoi un journal « ouvert » que je conçois comme l’antonymie d’ « intime », c’est ce que je vais essayer d’expliquer dans ce premier paragraphe de mon journal.



Aussi loin que remonte ma mémoire, la méditation a rythmé mes jours et mes nuits. Je la pratiquais en ignorant à la fois son nom et encore davantage son essence et ses vertus.
Ma famille biologique m’a comblée d’amour et d’attentions, je n’ai aucun reproche à leur faire. Ma nature profonde, probablement ajoutée à l’extrême respect de mes parents vis-à-vis de mon intimité spirituelle, ont faits de moi une enfant, puis une adulte, plutôt introvertie. J’ai longtemps pensé que l’expression de mes sentiments avait quelque chose d’indécent. J’ai appris à me taire sans contrainte, le silence convenant à mon caractère..

Aujourd’hui j’ai trouvé une famille spirituelle grâce aux Luxiens.

Je constate, surtout avec Nico, combien le partage des idées est essentiel. Notre manque de communication, les non-dits, ont failli détruire notre couple.
Nala’Il, ma sœur luxienne, a dépassé mon silence alors que cela doit lui être aussi malaisé que pour moi et une relation a vu le jour, fragile, mais bien réelle.

Je prends conscience que les idées, les certitudes, les questionnements - que je réservais à ma seule méditation - méritent d’autres regards, d’autres points de vue, des distanciations nécessaires que je ne peux atteindre seule.

Alors aujourd’hui je me décide au partage.


« On ne peut bien se moquer que dans le respect. » de Nasser Djemaï
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Iala Iedastré
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Re: Journal ouvert d’une Luxienne

le Sam 30 Juin 2012 - 7:36
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Vous jugerez certainement les propos de mon journal décousus et vous aurez raison… je vous prie de m’en excuser.

Les pensées sont comme de feux follets. Elles pénètrent en désordre dans nos têtes sans qu’on sache parfois ce qui les y a amenées : un événement, un bruit, une odeur, un rêve…

Télépathe.



Télépathe, je le suis naturellement et cela a été à l’origine de bien des déconvenues. Comment une enfant de trois ou quatre ans peut-elle imaginer que, lorsqu’elle entend une pensée, il n’en est pas de même pour son interlocuteur ? Toute petite, je répondais donc par la pensée, et, de ce fait, les conversations s’arrêtaient bien souvent abruptement… combien de fois ai-je entendu « elle est idiote cette enfant »… et parfois bien pire.
Mère, en bonne Jedi, prit rapidement la mesure de mon problème et tenta d’y remédier. Mais que faire lorsque son enfant perçoit tout ce qu’elle ne devrait pas entendre et qu’on échoue à la rendre sourde à un brouhaha incompréhensible, quelquefois choquant et parfois blessant.

Elle crut trouver la solution en m’isolant et en se partageant mon éducation avec un précepteur pour qu’il me prépare à affronter mon monde, en dépit de cette télépathie incontrôlable. Pour y parvenir elle choisit un être qui, comme moi, possédait ce même don inné, commun à sa race.



Maître A’Eotll

Je l’appelle maître… est il seulement maître et même Jedi ? je l’ignore en réalité. Qu’importaient ces détails à l’enfant que j’étais alors.

Mère me présenta mon précepteur avant de s’éclipser discrètement. La vieille femme ridée, voûtée, la voix chevrotante, me tendit une pomme que j’acceptais poliment. Elle se mit à rire bruyamment :
    « Leçon numéro 1 : ne jamais accepter de cadeau d’une personne qu’on ne connaît pas ! Selon une légende ancienne, tu as pris le risque de dormir cent ans ! »
    « Mais c’est Mère vous a envoyée à moi »
    « Et petite sotte que tu es, tu lui fais confiance ? »
    « Mère dit toujours la vérité ! »
    « Leçon numéro 2 : toujours remettre en question ce qu’on te dit, même ta mère peut se tromper, hein ! »
    « Mère ne se trompe jamais »

J’accompagnai cette affirmation d’un coup de pied dans la jambe de la vieille. Le pied était bien petit, la jambe bien faible et la vieille beaucoup plus solide qu’il n’y paraissait. Elle se mit à rire d’un drôle de rire, puissant, suraigu.
    «Jeune gourde, n’as-tu rien remarqué »

Je ne répondis pas, profondément vexée d’être traitée ainsi. J’avais décidé de bouder… et d’ailleurs je n’avais rien remarqué.
    « M’entends tu, stupide enfant ? »
    « Oui, je vous entends et je vous trouve… très malpolie »
    « Leçon numéro 3 : ne pas se laisser aveugler par la colère, elle rend sourd et aveugle. Non, tu ne m’entends pas, tu entends ma voix mais pas mon esprit.»

La vieille semblait en colère. Elle ramassa son sac informe qu’elle jeta sur son dos en râlant :
    « Trois leçons en cinq minutes, je ne peux rien faire d’une gamine aussi bornée et inculte. Si je reviens, il faudra que ta mère me paie davantage. »


Et la vieille s’en alla me laissant seule avec la première colère de ma vie.

Spoiler:
Pour ceux qui ont le courage de me lire ce dont je les remercie Smile

Comme Shéhérazade - mais pas dans le même but car elle se foutait bien des points d’implication et ne se préoccupait que de sa tête – je vais articuler certaines histoires sur deux posts (Non mais!)


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Iala Iedastré
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Re: Journal ouvert d’une Luxienne

le Dim 1 Juil 2012 - 7:54
Oui ce fut ma première colère, j’avais quatre ans, je crois. Depuis je n’ai cédé à ce débordement de sentiments qu’une fois… une seule fois.

Mais revenons à Maître A’Eotll.

-------------- J’épanchais ma colère en cris et en larmes mélangées, étonnée que pas un seul membre de la maison Iédastré ne vienne à mon secours. Mes pensées glissèrent finalement vers ce que les adultes appelaient « méditation ».

Quel fut l’aboutissement de mes réflexions, je ne saurais le dire clairement aujourd’hui. Toujours est-il que lorsque la « sale bonne femme » revint le lendemain, je l’accueillis avec l’attitude qui me semblait convenir à un membre de la famille Iédastré : dignité et hauteur. Et je reçus encore une cinglante leçon.

De son côté, Mère se chargeait de l’enseignement classique et de ma formation Jedi avec toute la souplesse que ses propres convictions et son âme maternelle lui imposaient. Tout comme A’, elle m’exhortait à dissimuler mes dons de forçeuse que, pour ma part, je trouvais parfaitement naturels.

Les visites la vieille femme continuèrent. Elle possédait le don de me pousser aux sentiments les plus extrêmes, rires et larmes se relayant de séances en séances. Son étrange méthode tantôt provocatrice, tantôt chaleureuse, portait ses fruits.

-------------- Elle m’apprit ainsi à contrôler mes réactions, à ressembler à la surface d’un lac calme puis à devenir réellement ce lac serein jusqu’au plus profond de son eau.
-------------- Elle m’enseigna comment dompter ma télépathie en transformant en bruit de fond les pensées extérieures qui m’assourdissaient.
-------------- Elle prit en compte mon empathie pour m’apprendre à mieux accepter les autres tels qu’ils étaient, à ne pas leur tenir rigueur de leurs pensées parfois blessantes, à respecter les différences.
-------------- Elle m’apprit l’amour des autres et le pardon...

Lorsqu’elle me jugea apte à contrôler mes réactions et à affronter le monde, elle se décida à m’apparaître sous sa forme naturelle.






J’eus un sursaut de recul devant l’être qui apparut à mes yeux. Un grand félin dont la taille dominait largement l’enfant que j’étais. Son fin pelage noir luisant mettait en valeur les courbes de son corps puissant.
Sa tête inquiétante pourvue de solides mâchoires aux dents pointues m’impressionna. Mais ce qui me troubla le plus, furent le regard saisissant de ses yeux orange et sa voix limpide aux accents hypnotiques.
Il se redressa en position de bipède, sur ses longues pattes aux doigts délicats, m’honora d’une courte révérence et annonça que son travail était terminé avant de brutalement prendre congé de moi.

Curieusement, sa présence me manqua rapidement et c’est moi qui allais le débusquer pour qu’il se raconte. Ainsi je découvris son étonnante épopée.



Histoire d'un Gurlanin


    « Ma noisette croquante, n’imagine pas les Gurlanins à mon image. Vois tu, si je suis ainsi, un exilé loin de Qiilura, mon monde natal, c’est que je suis très différent de la majorité des miens. »
Sa voix coulait en moi comme une source de miel tiède.
    « Les étrangers qui séjournent parfois sur Qiilura, croient la planète inhabitée car nous sommes métamorphes et de tempérament plutôt xénophobe. Il arrive que des humains s’y attardent. J’étais un enfant curieux de tout et je commis l’imprudence d’approcher un groupe de voyageurs… là était ma destinée, là commence mon histoire ».
Il s’interrompit soudain et me regarda étrangement :
    « Mais j’ai faim, terriblement faim, ma Choupette adorée ! Si tu ne veux pas que je te dévore, laisse moi me faire un sandwich de merlie frais… allez file et reviens plus tard. »

J’ignorais toujours si A’ était sérieux ou s’il plaisantait. Ce jour là, je préférai m’enfuir.

Spoiler:
400-275-30= 95... 95/3=env 31... voila le nombre de chroniques que vous allez encore devoir supporter ! Je vais tenter de les rendre intéressantes, amusantes ou poétiques selon mon inspiration, par respect pour les plus courageux d'entre vous... Ne vous sentez pas obligés de me lire cependant, bien que j'en serais honorée



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Re: Journal ouvert d’une Luxienne

le Lun 2 Juil 2012 - 7:59
Histoire de A’Eotll - suite

Quelques jours plus tard je réquisitionnait un chauffeur pour retrouver A’Eotll et connaître la suite de son histoire. Il ne se fit pas prier pour continuer

    « Les voyageurs étaient des humains et parmi eux se trouvait un Jedi dont j’ai oublié le nom. Il avait détecté en moi la présence de la Force et il m’interrogea sur mon age. J’ai répondu que j’avais vingt ans, ce qui, pour ma race, correspond à peu près à ton age actuel, petit bouchon atrophié. »

Son regard orangé pétillait de malice. Et il enchaîna :
    « Quel age crois tu que j’ai ? »

J’hésitais. Dans l’esprit d’une toute petite fille, tout être dépassant les 20 ans était immanquablement un ancêtre. A’Eotll m’était apparu en vieille femme et il venait de me dire qu’il avait quitté sa planète à 20 ans, alors je décidais de répondre qu’il était très vieux, sûrement.
Il s’écroula de rire, roula sur le dos, puis se tortilla en se grattant l’échine sur les aspérités du sol tout en émettant une série de bruits étranges, entre feulement et gloussement de Varactyl.
    « Tu as un point commun avec mes semblables, tu ne sais pas mentir, même pour être polie ! Mais tu as raison, j’ai plus de 300 ans et les miens peuvent vivre sept siècles. Je suis donc dans la force de l’age. Un beau mâle, encore noir de poil malgré le mal que tu t’es donné pour me faire blanchir prématurément.»

Sautant du Cannok au Bantha :
    « Sais tu pourquoi les Gurlanins ne mentent jamais… ou très rarement ? Non, tu ne sais pas, tu ne peux pas savoir. Nous sommes tous télépathes et nous percevons les pensées des nôtres sans qu’on puisse y mettre opposition et ceci sur de grandes distances. De ce fait, la notion de mensonge ou de tromperie nous est inconnue. Notre grande franchise est parfois perçue comme un manque de tact, voire une insulte pour les humains.

Il passa une longue patte arrière au dessus de sa tête et, dans un équilibre instable, se gratta spasmodiquement une oreille.
    « Je dois avoir une puce ! Je hais les puces. Ce sont ces fichus merlies qui véhiculent cette vermine. Regarde si tu peux la tuer cette sale bestiole… S’il te plait supplia t-il»

Je montais à califourchon sur son dos et après un bon moment, je réussis à localiser et à exterminer la coupable. Ma première grande victoire d'apprentie contre l’adversaire !
    «Merci ahhhh, je revis. Voyons, où en étais-je ? Hum, ah oui : mon départ de Qiilura…»

J’avais bien du mal à ordonner mes pensées devant ce déferlement d’informations que A’ déversait en vrac.
    « Bref, ils m’emmenèrent autant pour me former comme Jedi que pour étudier la Force chez ceux de ma race, qu’ils connaissaient assez peu… je passe sur les détails.
    Je fus un élève attentif mais peu doué pour le combat qui était contraire à mes tendances pacifistes. Et puis mes convictions n’étaient pas toujours conformes aux préceptes de l’Ordre.
    On ne m’en tint pas vraiment rigueur, mettant ça sur le compte des différences inhérentes à mes origines J’étais un peu le bantha boiteux au milieu des Jedi classiques, n’ayant pas commis de faute mais restant un marginal à leurs yeux.
    On pardonna mes nombreuses escapades pour ces mêmes raisons. Je formais néanmoins quelques élèves et obtins le titre de Maître.
    Lorsque je décidais de quitter l’Ordre, l’appel du sexe devenant trop pressant, on m’oublia avec empressement, surtout que mon dernier padawan avait abandonné les Jedis dès son niveau de chevalier acquis, à cause d’une stupide histoire d’amour.»

Un œil mandarine cligna puis il poursuivit :
    « Ne deviens pas cramoisie comme ça, brindille décharnée : la vérité ne peut offusquer ! Bref, je partis pour ma planète et pris des femelles temporaires car je ne trouvais pas celle qui me convenait. Je revins ici à l’appel de ta mère. Elle fut ma dernière élève… encore un beau ratage aux yeux de l’Ordre, mais pas aux miens. »

Il me regarda, surpris :
    « Je vois que tu l’ignorais… »

Il jeta un coup d’œil égrillard aux merlies qui paissaient tranquillement dans le pré.
    « A propos de sexe, attend une minute que je m’occupe de ces « montures », puisque je n’ai que ça à me mettre sous le… »

Croyant comprendre ce qu’il voulait dire, je lui tendis le casse-croûte au Nuna que m’avait préparé la cuisinière éberluée lorsque je lui avais demandé un sandwich au merlie.

Je crus qu’il allait s’étouffer de rire.


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Re: Journal ouvert d’une Luxienne

le Mar 3 Juil 2012 - 13:00
Aujourd’hui Nico a rencontré A’Eotll, mon ancien précepteur Jedi. Je dois admettre que la rencontre a été savoureuse, Nico se faisant prendre dans les mailles du filet de plaisanteries et de jugements entremêlés volontairement par A’, avec un flegme qui m’a surprise. J’avoue que Nico avait tout pour être déstabilisé, d’autant qu’il s’inquiétait déjà beaucoup de sa rencontre avec les hôtes de la Maison Iédastré.

La Maison Iédastré

---------------A me relire je comprends l’inquiétude de mon compagnon. On pourrait croire que j’ai eu une jeunesse dorée. Ce fut partiellement le cas. Mon père appartient à la très haute et très ancienne aristocratie tétienne et la Maison Iédastré possède des ressources qui lui permettent de vivre dans des conditions de confort, voire de luxe, que beaucoup peuvent nous envier. Mais cela n’est que la façade visible.

L’appartenance à cette famille comporte avant tout des obligations exigeantes de rigueur et d’honneur. Mon caractère et mon tempérament m’ont permis de me soumettre sans difficulté à ces contraintes qui auraient rebuté bien des enfants de mon age.

L’étude et la méditation remplissaient l’essentiel de mon temps, j’en préservais une part pour mes deux seules distractions : le piano et la natation, que je pratiquais très régulièrement dans le lac de la propriété.

Malgré la présence de personnel qualifié, je dus apprendre à réaliser toutes les tâches qui incombaient à chacun d’entre eux. Père disait toujours :
    « Tu ne dois pas avoir à donner un ordre que tu ne saches exécuter et, si ce n’est le cas, observe en restant à leurs côtés ».
On me vit donc au jardin, à la cuisine, à la buanderie, à l’atelier… où je m’appliquais avec des résultats parfois contestables.

Ces règles engendraient un autre effet, celui de susciter le respect mutuel. Entre la famille et le personnel de la Résidence il existait une réelle bienveillance, parfois de la complicité. D’ailleurs on pouvait observer une sorte de transmission héréditaire de certaines charges. Le majordome étant le fils du précédent majordome, la cuisinière la fille de l’ancien chauffeur…

On comprendra que l’attitude d’un Iédastré se devait d’être toute aussi exemplaire dans toutes ses fonctions.

Nico s’inquiétait inutilement : la générosité de cœur de mes parents égalait leur sens de l’honneur et en cela ils se ressemblaient beaucoup.



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Re: Journal ouvert d’une Luxienne

le Mer 4 Juil 2012 - 8:09
Carolus Iedastré

Lettre ouverte à Nico.

-------------------- Je profite de ce journal pour faire un aveu difficile à mon Maître. Ce n’est pas à mon époux que je m’adresse mais au Maître qui s’est consacré à moi et à qui j’ai caché une chose importante : une de mes motivations pour demander à rentrer dans l’ordre Luxien.
Je comprendrais que le maître, l’époux et l’amant m’en veuillent. À ma décharge, j’ai vite oublié mon dessein car mon apprentissage m’a immédiatement remplie de satisfaction et que j’ai adhéré sans restriction aux préceptes Luxiens... Je ne parle pas de mes sentiments pour mon maître qui auraient effacé les dernières traces de doutes que j’aurais pu ressentir.

[
J’ai honte de cette omission volontaire qui devint rapidement très secondaire à mes yeux. Là encore j’ai honte de l’avoir oublié pour me consacrer à ma formation de Luxienne et à Nico. Deux hontes qui s’entremêlent et que j’ai décidé d’exorciser.

Carolus, mon frère aîné de 12 ans, a fait parti des Luxiens et on a dit à mes parents qu’il était mort sans gloire. Je viens de rechercher dans les archives de l’Ordre et j’ai trouvé la réponse à ma question, du moins une réponse dont je vais me contenter. « Carolus Atréïdes : décédé en 2 AAE »… rien de plus.

-------------------- Oui je comprends ton étonnement… tu n’as pas fait le rapprochement à cause de l’anagramme je suppose, mais ceci n’est qu’un détail. Je veux oublier ce frère que je n’ai jamais côtoyé. Il a quitté notre famille à l’age de six ans et seuls les récits de mes parents me l’ont fait connaître.
Cet aveu m’est pénible car je crains ton opprobre, mais je me suis engagée au partage et je ne dois garder aucune zone d’ombre. Tu comprendras également pourquoi mes parents ont tenté de faire mon éducation de forçeuse au sein de la famille avant de se décider à t’appeler.

Voilà je te fais cette confession avant que notre mariage ne soit confirmé par une cérémonie officielle dans ton monde. Si tu ne peux me pardonner, je comprendrais que tu te rétractes.

Spoiler:
Commentaire de l'auteur : Avouez que tout cela est cornélien. Manquerait plus que ce soit Nico qui ait buté le frangin !


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Re: Journal ouvert d’une Luxienne

le Jeu 5 Juil 2012 - 11:24
Mon cœur est léger. Nico m’a rassurée, pardonnée. Il n’y a plus une seule ombre dans mon esprit. Le maître aussi a absous l’élève.

Leçon de conduite.


J’avais confié à Nico que j’ignorais l’art de la conduite de tout engin, aussi bien terrestre qu’aérien. Chacun d’entre vous me prendra pour une idiote lorsque je vous aurais fait l’aveu d’être totalement ignorante de cet art.

Malgré mes exhortations, le chauffeur de la famille avait toujours refusé de me laisser les commandes d’un landspeeder, arguant que son rôle consistait à assurer ma sécurité et non à me laisser nous tuer, tous les deux. Notre chauffeur étant au service de la famille depuis bien des décennies, il me traitait avec une désinvolture presque paternelle et je n’osais pas insister.

Dois je avouer d’ailleurs que cela m’était relativement indifférent, tant j’étais habituée à me faire conduire, ce qui me laissait l’opportunité, soit d’observer ce qui m’entourait, soit de me préparer aux rencontres de la journée, voire même de méditer.

J’étais enthousiaste à l’idée de combler mon ignorance. J’étais bien consciente également que mes conditions de vie seraient désormais bien différentes et que je devais acquérir une autonomie qui pouvait s’avérer vitale.


Et puis, et puis… l’idée de me serrer contre mon dragon, durant ce cours pratique, jetait un trouble coquin dans mon esprit. Je découvrais peu à peu des joies insoupçonnées dans certains petits jeux espiègles qui m’auraient parus graveleux il y a peu de temps encore.

Je choisis le joli petit coupé monoplace noir de père. Ce landspeeder était un modèle carrossé très confortable dont la motorisation était issue des swoops construits par Mobquet. Nico saisit immédiatement la raison cachée de mon choix d’un modèle monoplace. Je constatais encore que l’union de notre esprit ne me permettait plus guère de le tromper lorsque je n’y prêtais pas garde. Nous échangeâmes un sourire complice avant de nous glisser dans le cockpit.

Je fus une élève attentive et Nico un instructeur courageux. Il supporta stoïquement plusieurs virages qui faillirent bien se terminer en looping incontrôlés, puis en collision pure et simple. Je voulais l'impressionner. Je lui causais surtout quelques frayeurs qu'il s'appliqua à cacher et qui le menaient à me serrer plus fort contre lui. Forte de cet effet secondaire, cela m'encouragea à renouveler mes fantaisies. Je me découvrais espiègle et insouciante, à la limite de l'inconscience.... mais j'avais une telle confiance lorsque Nico était à mes côtés!
Mes contorsions le faisaient parfois gémir doucement et nous poussèrent à plusieurs arrêts en des lieux qui s’imposaient isolés et de préférence romantiques, ce qui ne manquait pas dans la campagne tétienne. Au cours de ces haltes, je prenais grand soin à soulager les souffrances que j’avais occasionnées.

Mon esprit était léger comme une bulle. Nico et moi nous conduisions comme des adolescents qui découvrent l’amour… un bref moment d’insouciance dont nous entendions bien profiter pleinement.

Le lendemain nous partions pour Belsavis.


Spoiler:
Aïe, aïe… le participe passé de « absoudre ». Tiens, pour les allergiques à la conjugaison comme moi, une tite révision : http://leconjugueur.lefigaro.fr/conjugaison/verbe/absoudre.html. Aucune raison qu’il n’y ait que moi qui souffre ^^


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Re: Journal ouvert d’une Luxienne

le Ven 6 Juil 2012 - 12:54
Méditation commune

Tôt dans la mâtinée, pour ne pas dire à la fin de la nuit, nous sommes partis pour Belsavis à bord de notre vaisseau. Il s’agissait d’un Croiseur Consulaire d’une bonne centaine de mètres, à l’allure robuste. Je ne croisais que quelques membres d’équipage, mais Nico me dit qu’il se composait de huit personnes.
Le vaisseau Consulaire offrait un confort spartiate mais possédait une petite salle de réunion qui devint notre QG pour notre entraînement. Nico n’ayant pas besoin de se préoccuper du pilotage, nous avons décidé de tester notre communication mentale dans le but d’optimiser la cohésion de nos pouvoirs.

Nos fronts et nos mains au contact, nous nous plongions dans la Force. Comme nous en avions l’habitude, notre communication mentale était parfaite mais j’éprouvais un trouble physique tellement intense qu’il venait perturber la cohésion psychique et l’union dans la Force. Je posais la question à Nico…
"...et si les Jedis avaient raison, si les sentiments perturbaient l’utilisation de la Force, pas seulement au niveau des prises de décision, mais aussi dans l’utilisation même de la Force ?"

C’est à ce moment de notre méditation que le co-pilote nous avertit que nous avions un message de Pent Zegmon.

Pent Zegmon

    « Pent Zegmon… Comment a-t-il pu nous trouver ? » Demandais-je
    « Il appartient à la Guilde. Il a dû contacter l’Organisation qui possède un système de relais sécurisés afin de pouvoir me joindre à tout moment. »
    « Ce Zegmon, malgré ses talents précieux et indéniables, j’en garde vraiment un mauvais souvenir. »
    « Et moi donc ! »
    je sentais que Nico me cachait quelque chose concernant notre aventure à la recherche du Blaghast.
    « C’est un excellent slicer et un homme d’action efficace. Tu lui dois probablement la vie. »
    « Comment ? J’ai bien failli mourir avant seulement l’atterrissage ! Dix jours à côtoyer cet individu qui ressemble à un présentoir de quincaillerie. Il est bardé de matériel dont il ne se défait que pour dormir, et encore ! Je ne pouvais pas le croiser sans risquer d’accrocher une mine ou une grenade et en craignant de les amorcer par mégarde.
    Il ne s’est pas lavé une seule fois et j’ai manqué de m’évanouir à plus d’une reprise en m’approchant trop près de lui sans retenir ma respiration. Je passe sur ses curages de narines, éructations, et autres manifestations physiques inconvenantes qui semblaient le réjouir. Et ses calembours minables, ses pathétiques plaisanteries en dessous de la ceinture ? Et sa façon de manger… de s’empiffrer dirais-je : il réussissait l’exploit de ressembler à un porc même en avalant des tablettes énergétiques ! Quand il dormait, c’était encore pire : il fallait supporter l’odeur ET les ronflements. »


Nico me ramena à des considérations plus pragmatiques en partant écouter le message de Zegmon. Je le suivis.

Spoiler:
Si vous en avez assez de lire mes insipides aventures, vous pouvez intercéder auprès de Justice pour qu'il me rajoute la trentaine de PI que j'avais avant ma fermeture de compte. Dans ce cas, je vous ferais grâce d'une dizaine de messages ennuyeux. Whistling


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Re: Journal ouvert d’une Luxienne

le Sam 7 Juil 2012 - 7:06
Portrait de Pent Zegmon – suite

Arrivés dans le poste de pilotage Nico entra le code permettant le déchiffrage du message.
    « Pent Zegmon actuellement en vacation. Vous propose ses services à moins 30 %. Soldes d’été à saisir. »
    « « Il se fiche de nous, il utilise le réseau ultra sécurisé de la Guilde pour chercher un job. C’est vraiment un grand malade. »
    « Il nous interrompt au milieu de nos méditations, à un moment crucial pour proposer ses services. On en a soupé de ses services ! Même si je lui dois la vie à ce barbare crasseux. D’ailleurs il a bien failli me tuer sous prétexte de me sauver. J’ai ressenti la brûlure de son blaster – soit disant en position paralysante - pendant des semaines. »


Je sais, je ne devrais pas me laisser aller à ces sentiments que je réprouve. L’amour, la compréhension, l’acceptation de l’autre en dépit des différences sont des valeurs que je professe auprès de vous mes amis Luxiens. Je me confesse de déroger à ma règle pour Pent Zegmon… Pent Zegmon est l’exception qui confirme la règle.

Nico ferma la communication avec un calme olympien apparent.
    « « Inutile de répondre. Reprenons notre entraînement »

Alors que nous empruntions l’étroit passage pour rejoindre la salle de réunion je sursautais : en face de moi, se trouvait Pent, hilare, son équipement hétéroclite toujours vissé au corps.
    « Warff, ah ah ah, j’vous ai bien couillonnés hein, mes p’its caves Luxiens adorés. Je suis le meilleur slicer de l’univers, j’vous le dis mes cocos. Dans l’coup j’ai chourré le code de déchiffrage de la Guilde. Y’a que moi pour imaginer des trucs pareils. Je leur fais la pige, moi à ces connards de la Guilde qui m’ont foutu un blâme et rétrogradé à la maintenance électronique de vaisseaux pourraves. Quand j’ai vu l’affectation de celui là pour mes Luxiens préférés, j’ai sauté sur l’occas. Z’y voient que du bleu quand j’dis qu’y a besoin que j’fasse des tests en vol.»

    « « Et pourquoi ce blâme ? »
susurra Nico, d’un ton qui me fit craindre l’explosion imminente de mon dragon, dont la patience n’est pas illimitée.
    « Oh, j’ai fait une simple blagounette à une nana du MRS qui manquait du sens de l’humour. Alors mes choupinets, besoin de moi ? ».

J’interromps mon récit à ce moment car la suite est une autre histoire. Si je vous ai ennuyé avec ça c‘est dans le but de vous dépeindre une personnalité peu recommandable que vous risquez de trouver sur votre route.

Nico et moi avons mis un certain temps à retrouver notre calme avant de pouvoir continuer nos exercices de méditation commune.


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Re: Journal ouvert d’une Luxienne

le Dim 8 Juil 2012 - 8:39

Méditation commune – L’union des esprits

Après l’épisode « Pent Zegmon », nous nous sommes retrouvés dans cet espace restreint, aménagé sommairement d’une grande table et de sièges à peine confortables. En embarquant sur ce vaisseau consulaire, je m’attendais à trouver la « salle de réunion » plus chaleureuse, plus adaptée à des rencontres de négociateurs. Cette pièce est réfrigérante, sans aucune décoration, rien qui puisse apaiser l’esprit… rien qui puisse le troubler non plus. Nico m’expliqua que ce type de vaisseau avait été réaménagé pour le doter de meilleures défenses et qu’il avait fallu récupérer de l’espace sur les volumes jugés « superflus ».



J’ai écouté Nico, j’ai médité ses propos. Il m’a remis sur le chemin de la vérité ou du moins de notre vérité, celle que nous pouvons vivre et comprendre. Sa sagesse a supplanté la mienne. Je suis toujours étonnée de constater la complémentarité de nos esprits. Lorsqu’il doute, je possède la réponse et lorsque je m’interroge, il m’apporte la lumière.

Air by Bach on Grooveshark

Oui il faut utiliser notre amour pour parvenir à l’union de nos esprits dans le Force, mais il faut que j’apprenne à rester sourde à l’appel charnel. Cela m’est plus difficile qu’à lui, sans doute. Nico a été élevé d’une façon monastique et il a appris à surmonter ses pulsions, alors que de mon côté je n’y ai guère été soumise. Je me laisse submerger par la passion et cela obscurcit mon jugement. Je dois, non pas oublier cet amour, mais aller au-delà, le transcender, l’utiliser comme une voie et non comme un aboutissement.

Assis face à face, à nouveau, je me permis de caresser sa joue et de lui adresser un sourire chargé de toute ma tendresse. J’allais devoir oublier ces magnifiques instruments qu’étaient nos corps et j’avais l’impression de trahir quelque chose.

Mes premières tentatives ont été chaotiques, je passais sur des plans de conscience dans lesquels je retrouvais Nico qui s’évanouissait aussitôt, me guidant tel un farfadet, tout à fait à l’aise dans mon monde intérieur. Il me conduisait vers des plans de conscience plus profonds que je connaissais bien mais dans lesquels j’évoluais seule, habituellement.

Au cours des jours qui suivirent nous sommes descendus ensemble plus profondément, plus rapidement aussi, vers le point ultime, vers le fleuve impétueux de la Force. Je connaissais bien ce lieu sublime, à la fois merveilleux et effrayant. Mais là tout fut différent.

Comment vous expliquer ? Lorsque je dis que « nous » sommes arrivés, le terme est inapproprié. « Je » n’étais plus là et Nico non plus. Je tenterais de dépeindre cela comme si une émanation de la Force avait été coulée dans le moule d’une entité composée de nos deux êtres psychiques.
Nos esprits devenus indivisibles, ressentaient - oserais-je cette comparaison - une sorte d’orgasme psychique prodigieux et prolongé.

Arrivés à ce stade, il nous fallu encore de nombreuses séances, bien après la fin de notre voyage vers Belsavis, avant de parvenir à conserver intacte et stable cette puissante entité qui interagissait sur un plan de conscience commun, alors que chacun d’entre nous contrôlait son propre corps physique. Il m’est difficile d’être plus claire, j’en suis désolée.

***************************
Nous avons débuté ces exercices comme une errance tourmentée. Désormais nous les pratiquons avec enthousiasme, mélangeant nos méditations, testant l’union de nos pouvoirs, des plus basiques aux plus complexes. Notre passion s’en trouve sublimée, nos pouvoirs améliorés.

Nous avons conscience d’explorer un univers que peu d'adptes de la Force ont eu l’opportunité de parcourir avant nous. La puissance de notre amour est la clé de ce monde.


Spoiler:
Whistling Grandiose, non ? Confused Chi..... ? Ah, désolée alors !
Tant pis pour vous, z'avez qu'à pas lire les vingt chroniques qui vont suivre (arghhh, qu'est ce que je vais bien pouvoir vous raconter ! )


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Re: Journal ouvert d’une Luxienne

le Lun 9 Juil 2012 - 11:13
Réflexions à propos de l’Empire

Nico a des difficultés à se défaire d’un sentiment d’aversion face à l’Empire. Cela me désole, non pas que j’éprouve la moindre affinité à leur encontre, mais parce que cela trouble sa sérénité. Je comprends que cette haine vient d’une souffrance que rien ne pourra jamais effacer. Mais j’aimerais lui faire partager ma vision, l’aider à prendre un peu de distance.
    « L’Empire, Nico, ce sont des êtres , une addition d’êtres. Tu ne peux les haïr tous. Certains y adhèrent par cupidité, d’autres parce que le choix ne leur a pas été donné ou qu’ils n’ont pas le courage ou l’intelligence de ce choix.

    L’Empire ne véhicule aucune idéologie réelle, aucun but transcendant. Les Impériaux sont guidés par leurs ambitions, aveuglés par leur exhophobie, seule la puissance leur importe. Ils se nourrissent de conquêtes pour augmenter leur pouvoir qui ne les mènent qu’à d’autres conquêtes : une course insensée, éperdue. En repoussant ses limites toujours plus loin, l'Empire perd le contrôle de ses acquis, petit à petit, inexorablement. Il explosera ou implosera, je ne sais. J’ignore si cela arrivera dans des années ou des siècles mais il ne sera pas éternel.. »

Je sens bien que rien ne convaincra Nico, que rien ne l'apaisera vraiment. Pourtant je continuai, plus pour qu'il comprenne ma pensée qu'en espérant qu'il la partage :
    « Les Sith… je sens ta pensée qui se focalise sur eux, mon cher Dragon. Les Sith sont des êtres perdus, perdus dans leur haine, dans leur fanatisme intolérant et égocentrique. Ils ne connaissent pas le goût du bonheur, ils courent sans fin pour tuer, asservir, soumettre. Ils éprouvent sûrement des satisfactions lorsqu’ils atteignent un de leurs buts malfaisants, mais rien qui ressemble au bonheur. La haine enflamme et brûle sans réchauffer. L’amour leur échappe et ils ignoreront à jamais la splendeur de ce sentiment, la chaleur du partage, de la fraternité avec les êtres qu’on aime.
    Comment ne pas les plaindre… un peu.. »



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Re: Journal ouvert d’une Luxienne

le Mar 10 Juil 2012 - 8:21
Hier j’ai croisé Pent Zegmon qui a fait mine de vouloir rentrer dans la paroi de la cabine de pilotage pour me céder le passage. Que faisait-il là d’ailleurs ? Puis il m’a salué d’une courbette en me disant :
    « Maîtresse je suis très honoré de vous rencontrer, veuillez agréer mes salutations respectueuses. »
Je ne comprenais pas la raison de cette attitude quelque peu ironique ni de son visage tuméfié… Je passais donc devant lui, l’air parfaitement indifférent. Indifférente je le fus jusqu’à ce que Nico m’explique la situation :
    « Nous voici affligés de ce barbare ! Et nous allons lui verser un salaire exorbitant. Je ne te comprends pas, mais je te fais confiance, tu as certainement de bonnes raisons. Quant à ce Zegmon, il devra mériter ma considération et ça, ce n’est pas gagné ! »


L’épaule de Nico


-----------------------
J’aime tant me reposer sur Nico, renoncer à la Iala publique, me permettre fragile, m’autoriser soumise… à lui, à lui seul, car il reste mon maître en dépit de toute l’aversion qu’il a pour ce terme. Il est mon mentor, mon guide, mon amant. J’ai besoin de lui pour éclairer mon chemin même si je sais que cette idée lui déplait.

La tête posée sur son épaule je rêvasse alors qu’il dort. Ces moments si précieux n’ont pas de prix, je les voudrais éternels.
Alors qu’il commence à s’agiter je perçois ses pensées qui remontent lentement vers la surface consciente. Sa nuit n’a pas été agitée, comme trop souvent, par les cauchemars dans lesquels se réveillent les Luxiens morts sur Lehon et la planète détruite à jamais. J’espère, sans y croire vraiment, que Nico peut, non pas oublier, mais s’apaiser.

Je suis toujours émue par ses réveils… ses bras vont m’enserrer plus fort, comme s'il avait peur que je lui échappe. Doucement, je vais me blottir plus étroitement contre lui pour qu’il sente ma présence dans son demi-sommeil. Ne plus bouger pour prolonger ce moment encore un peu, m’emplir de Lui, de sa chaleur, de son odeur, de ses premières pensées qui éclatent comme de minuscules bulles à la surface d’une eau tranquille. Je dépose une longue série de baisers dans son cou, de ceux qui le font frissonner. Ma main court sur son corps comme une plume folâtre et s'attarde sur la petite cicatrice de la jambe. Je me fais chatte auprès de mon lion et je ronronne :
    « Mon Dragon… sur Socorro, ta blessure à la cuisse… tu ne m’as jamais dit ? »


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Re: Journal ouvert d’une Luxienne

le Mer 11 Juil 2012 - 23:03
La cuisse de Nico

Je m’étonne aujourd’hui d’un étrange enchaînement d’évènements.
Si Nico ne s’était pas infligé cette blessure volontaire, il aurait mené lui-même les négociations avec Djibril du clan Ndowi et je n’aurais pas pu faire mes preuves sur Socorro. Ce jour là j’ignorais ce que Nico voulait négocier avec ce chef de clan mais le rendez-vous était pris et je m'y suis rendue seule. Nico n'était pas en état de me dire ce que je devais faire, j'ai improvisé.J’ai fait ce jour là ce qui m’a paru le mieux dans l’intérêt des clans de Socorro, chose qui était essentielle pour mon maître.

Je savais que Nico souhaitait rapprocher les clans autour d’un projet commun. J’avais constaté l’absence totale de structure médicale et l’idée m’est venue, sans vraiment avoir eu le temps de le préméditer, de proposer l’implantation gratuite de centres médicaux et une formation aux soins des personnels locaux en échange d’accords commerciaux. J’avais déjà dans l’esprit la recherche de sujets sensibles à la force. Ce faisant, je faisais d’une pierre trois coups dans l’intérêt général.


Mon travail préliminaire sur Socorro a été suivi de réalisations concrètes et prometteuses pour l’avenir.



Déjà trois petits dispensaires ont été aménagés autour des oasis principales où les tribus s’approvisionnent en eau. Les femmes de plusieurs tribus y ont reçu un enseignement de base et elles commencent à transmettre leur savoir. Ce n’est qu’un premier pas, il nous faudra des médecins, des chercheurs, des structures plus évoluées etc. Mais nous attendons leur demande : nous nous refusons à toute forme d’ingérence qui serait une erreur déontologique en même temps qu’une faute stratégique.

Nico vient de me demander si j’accepterais la direction des actions sanitaires et sociales de la Phénix ainsi que de la recherche médicale… et j’ai accepté. Voilà où nous a mené mon bref moment d’ébriété. Moralité : l’alcool peut sauver des vies !


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Re: Journal ouvert d’une Luxienne

le Jeu 12 Juil 2012 - 14:10



Il faut que je m’habitue à ma nouvelle existence en dehors de Téta. Je découvre que les règles changent d’un système à l’autre, parfois même d’une planète à l’une de ses lunes.
Je dois toujours m’adapter, repenser mes méthodes, oublier mes certitudes.

Ma nouvelle fonction dans la Phénix débute par des balbutiements. L’évolution de notre département de santé sur Socorro devrait être facilité par la position de Nico sur la planète où il est considéré et respecté d’une manière quasi religieuse. Il n’en est rien : les habitudes tribales sont si fortes que nous avançons à petits pas, à très petits pas.

Department of Health - Taloraan


----------- Au contraire de mes inquiétudes, sur Taloraan, il en va tout autrement. Je m’attendais à rencontrer une farouche opposition de la part de ces clans machistes. Nico m’accompagna à la première réunion des délégués. Comme je le craignais, les envoyés affichaient, si ce n’est du mépris, au moins de l’indifférence à mon égard. Je pris la parole cependant, et parlais des projets du Département Santé sur la base Phénix de Taloraan.

    « Je propose d’ouvrir un centre médical accessible à tous et gratuit sur notre station.
    Il sera modeste au départ avec, un médecin et quelques assistants. Sa fonction première sera de délivrer des soins à ceux qui le demanderont. Mais nous ne nous arrêterons pas là, nous formerons ceux que vous désignerez pour qu’ils dispensent les soins directement dans vos tribus lorsque l’accès à notre unité médicalisée ne sera pas nécessaire.
    Nous embaucherons des chercheurs pour qu’ils étudient les techniques que vous utilisez : plantes, manipulations et…»

A ce moment deux hommes sortirent en silence. Je croyais avoir échoué auprès de ces deux représentants : il était trop tard pour que je sonde leurs intentions et je redoutais de voir mon assemblée se dissoudre à leur suite.

Je poursuivais mon exposé, inspiré par ce qu’on avait déjà réalisé sur Socorro mais adapté à la situation de la planète. J’expliquais que nous ne ferions évoluer le centre qu’en fonction de la demande des populations locales. Afin de montrer que nous ne pratiquions pas l’assistanat je demandais que des autochtones bénévoles se relaient pour assister nos équipes lors de l’installation et pour la maintenance du site médical.

Et ce fut au moment où je croyais avoir terminé mon exposé que mes deux « échappés » revinrent accompagnés de deux femmes. Il y eut d’abord un brouhaha indescriptible puis Sech Govlinder rétablit l’ordre.

La plus âgée des femmes prit la parole. Elle avait des difficultés à parler le basic et montrait une certaine agressivité :
    « Tu faire un centre médical, mais toi savoir rien de nous. Toi pas savoir beaucoup femelles et bébés mourir quand pondre bébé, hein ! Alors faut toi donner pour pas laisser mourir mères et petits et puis je m’en occuper, c’est moi diriger. Moi Etah Gotkad je veux ! »



Je l’ignorais encore mais cette femme, apparemment primitive, allait devenir ma meilleure alliée sur Taloraan.

Nous avons installé notre première salle d’accouchement, équipée de la technologie la plus évoluée – et la plus coûteuse, me fit remarquer Nico. Nous avons profité de cette occasion pour recruter sur Alderaan un obstétricien qui travaillera sur cette base, le temps de former du personnel apte à le remplacer.

Voilà comment Taloraan est devenu, contrairement à toutes mes prévisions, le centre médical-pilote de la Phénix. Ce que l’avenir nous réserve, je l’ignore. Nous avançons, c’est le principal.


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Re: Journal ouvert d’une Luxienne

le Ven 13 Juil 2012 - 12:36
LA FONDATION PHENIX

Certains Luxiens pourront s'interroger sur cette fondation qui est la partie visible de notre action aux yeux du monde, ce monde qui ne doit rien connaitre des liens qui nous lient à elle.

La Fondation Phénix s’est donné pour mission d’assister les populations de la Bordure Extérieure à sortir de leur isolement.
N’imaginez pas, amis Luxiens, que nous soyons des utopistes à la vue courte. Si cette démarche correspond bien à un idéal, elle s’assortit également d’autres objectifs qui n’en diminuent en rien l’aspect philanthropique.

Nous devons être pragmatiques : nous ne pouvons donner à fonds perdus, nos finances n’y résisteraient pas longtemps. Il va être essentiel d’amortir, voire de rentabiliser nos investissements car nous souhaitons nous étendre, et par là étendre notre influence à un bon nombre de planètes.

A côté de la Phénix, un réseau de filiales commerciales devra voir le jour. Ces filiales, nous entendons, évidemment, les contrôler pour préserver les planètes sur lesquelles nous nous installons. Nous ne voulons pas les voir tomber aux mains d’exploiteurs avides et sans scrupules. D’un autre côté les revenus engendrés nous seront nécessaires pour financer nos nombreux projets.

Vous êtes Luxiens et vous savez que l’étude est au centre de nos préoccupations. La Phénix est un outil essentiel de connaissance puisque nous créons plusieurs centres de recherches dans des domaines extrêmement variés recouvrant sciences sociales – xénosociologie, anthropologie…- mais aussi sciences dures – spécialités de biologie, physique appliquée, chimie - tout en développant un réseau administratif et financier efficace, pour gérer les relations publiques et faire prospérer les résultats de nos recherches.

Comme vous le constatez la Phénix, tout en pratiquant une assistance raisonnée aux populations délaissées, est aussi un outil économique, politico-stratégique et un formidable instrument de connaissance. Elle servira accessoirement quelques autres projets dont je vous parlerai ultérieurement.

DEPARTMENT OF HEALTH - BESPIN


L’aide sanitaire est la première démarche que nous avons jugée utile.

Nous avons commencé par là sur Socorro et Taloraan. Sur Bespin c’est différent. Lando a déjà installé des structures médico-sociales adaptées à la planète et nous n’avons pas grand-chose à y faire de plus, la Cité des Nuages abrite déjà tout ce qui est possible d’installer sur ce genre de station. J’avoue que Calrissian n’a rien négligé à ce niveau.
Décidément, Bespin reste un sujet de discussions entre Nico et moi : je ne vois toujours pas ce qu’on est allés y faire. Quoi que…


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Re: Journal ouvert d’une Luxienne

le Sam 14 Juil 2012 - 12:26
RECRUTEMENT PHENIX

J’ignorais que devenir une Luxienne, une sage combattante, une chercheuse de vérité et de connaissances, allait me catapulter à la tête d’une petite troupe de spécialistes de toutes sortes, chercheurs et hommes de terrain.

Si ma formation de diplomate m’a relativement bien préparée à gérer les situations de crise et les relations humaines, il n’en va pas de même pour leur gestion sur le terrain. Heureusement que je peux me reposer sur les cadres de la défunte D.Corp en ce qui concerne la partie administrative et la gestion économique.

L’ancienne équipe commerciale est en pleine effervescence : la production du gaz Tibana ne fait que commencer et nos commerciaux étudient les marchés pour trouver de nouveaux clients, ce qui n’est guère difficile car la demande est pléthorique.

Le recrutement est également délicat. Nico a souhaité réaliser une embauche massive alors que les infrastructures sont loin d’être achevées. Sa théorie d’impliquer le personnel embauché dans l’élaboration de leurs laboratoires et lieux de travail respectifs m’a semblée être une excellente idée. Elle implique une dépense supplémentaire dans cette première phase mais ensuite l’adaptation de l’infrastructure et du matériel technique aux besoins des chercheurs nous fera gagner du temps et évitera des dépenses inutiles.

Je me suis déplacée en personne à Alderaan pour chercher notre première équipe médicale. Outre l’importance que j’attache à l’activité santé de la Phénix, c’est probablement parmi ces professionnels que nous devrons dénicher l’homme à qui nous pourrons confier un peu de nos secrets. Enfin ceci est une autre histoire.

Je vous assomme avec tous ces détails administratifs… imaginez dans quel état d’esprit je suis, moi !

PROJETS PENT ZEGMON


Pent Zegmon est toujours dans nos pieds. Il me témoigne un peu plus de respect… quoi que teinté de pas mal d’ironie. Nico lui lance parfois des regards encore plus sombres que son beau regard noir habituel que j’aime tant.
Heureusement j'ai une tâche essentielle à confier à ce colosse qui ressemble à un fauve en cage ... ou plutôt à son cerveau et à ses compétences de slicer.


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Re: Journal ouvert d’une Luxienne

le Dim 15 Juil 2012 - 12:36
Pent avait abandonné une partie de son harnachement : mines, grenades crampons etc. au profit d’un volumineux matériel, hétéroclite et mystérieux, monté sur plateau à répulseur. J’avais le sentiment que Pent Zegmon ne pouvait survivre qu’accompagné d’un monceau de matériel technologique en prolongement de son corps, de son esprit. Le fichu plateau le suivait automatiquement, même jusqu’à la cafétéria. « Et peut être au-delà », pensais je d’une façon un peu triviale … Je rougis en pensant que sa vulgarité commençait à déteindre sur mes propres pensées.

Toujours est-il que si Pent évitait de nous percuter, son "satellite" n’avait pas la même délicatesse. Nos hématomes en attestaient ce qui ne l’empêchait nullement de râler après nous:
    « Mais faites gaffe, merde, c’est hyper fragile ! »


Il ronchonnait, s’esclaffait, marmonnait, au détour des découvertes qu’il faisait en se promenant sur notre réseau informatique dont nous lui avions accordé l’essentiel des clés.
    « Pas trop mal… mais bon ! J’ai quand même réussi à chourer l’pass d’la Guilde quand Nico l’a composé… ouais, j’étais co sur le circuit interne et j’aurais pas réussi autrement mais faut s’méfier des traîtres qui s’raient dans vos rangs, hein ! Ca arrive ces trucs là. »

    « Bon voilà j’ai rajouté des protections…poilant : les vieilles méthodes sont souvent celles que tout le monde oublie, surtout les p’tits jeunes. Et plus on met de barrières et mieux c’est ! »

Il me donna une multitude d’explications qui avaient la clarté du Shyriiwook pour moi.

    « Et maint'nant, je fais quoi ? Puisque j’ai pas le droit de toucher à la meuf du chef, hein, reste plus qu’à me bran… »

Je l’interrompis avant que Nico ne pique une crise.

Vous ai-je dit combien il est jaloux ? Non sûrement. Il suffit que je dise que je suis attirée par le côté « sombre » de certains hommes – j’entends par là l’aspect mystérieux – et il est prêt à tirer son sabre contre eux. Il m’est difficile de lui expliquer que ce n’est que de la curiosité, le désir de comprendre. Tout cela n’a rien à voir avec l’amour ni même un sentiment plus ordinaire. Rien à faire, son regard s’assombrit et il devient tendu comme une fronde d’Ewok en combat.
J’avoue que j’aime assez le voir ainsi, cela me prouve à quel point il tient à moi…

Mais revenons à Pent et à la nouvelle tâche que je souhaite lui confier.


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Re: Journal ouvert d’une Luxienne

le Dim 15 Juil 2012 - 21:00
UN GRAND PAS POUR LA PHENIX

J’ai exposé mon plan à Pent Zegmon. Pour moi, c’était très simple. Mais entre mon idée et sa réalisation il y avait un fossé qui se transforma rapidement en canyon, au fur et à mesure que Pent fouillait le sujet.

    « Je vous expose mon idée. Nous allons équiper nos centres médicaux d’analyseurs d'électrolytes et… »

    « Et c’est quoi ces trucs ? »
    « … ça sert à faire des analyses sanguines entre autres. Et je souhaiterais que ces analyseurs puissent réaliser systématiquement une recherche bien particulière… »
    « Hé, je suis pas électronicien et encore moins concepteur de matériel électrobiologique moi ! »
    « … bien particulière, que je voudrais rendre invisible aux utilisateurs. Et c’est là que vous intervenez ! »
    « Ah ! On y vient »
    « Ces appareils existent et la Guilde peut les modifier ou mieux, les fabriquer directement. Là où nous avons besoin de votre génie, c’est d’abord que vous devrez faire en sorte que l’analyse soit lancée systématiquement à chaque analyse sanguine, que le résultat soit mémorisé dans une base reliée aux coordonnées du patient à laquelle nous aurons accès et que nous pourrons effacer. Et tout cela sans que le laborantin s’en rende compte... »
    « C’est pas tout ? Voulez que ça fasse le café aussi ? »
    « …. qu’enfin nous soyons avertis lorsqu’une recherche s’avère être positive au-delà d’un certain seuil que nous vous indiquerons ».

Pent se gratta la tête, dubitatif, en éclaboussant les environs de pellicules grasses.
    « Ouais, faut que j’vois.»

Je savais que plus la tâche semblait infaisable et plus Pent allait vouloir se surpasser : et là le défi était de taille.

Pendant deux bonnes journées il resta boulonné à ses ordinateurs, tablettes et autres objets bizarres.
Il me transforma en soubrette pour que je le ravitaille en boissons et sandwichs dont les débris maculaient une zone d’un mètre de rayon, sans épargner les claviers et divers objets présents sur son plateau retropulsé. J’en venais à penser qu’ils étaient étanches à la bière et au café. Quant à dormir, j’ai bien entendu passagèrement quelques ronflements sonores mais je ne l’ai vu se lever que pour courir vers les toilettes… dont il revenait en canard tout en refermant son pantalon : pas question de perdre une minute !

Et le verdict tomba :
    « Ben c’est simple. Je fais des études de biochimie médicale pendant 5 ans avant de pouvoir bidouiller votre analyseur de machin. Ensuite on embauche des laborantins aveugles, je monte une antenne de 20 mètres de haut reliée au bouzin qui émet vers le réseau sécurisé de la Guilde mais on explique que c’est pour recevoir les holopornos… et tout le monde y voit que du bleu ! »

Je montrais une mine atterrée qui le jeta dans une série de gloussements rauques mêlés de toux jusqu’à ce qu’il manque de s’étouffer avec les reliquats de nourriture qu’il avait dans la bouche et qui n’avaient pas été projetés dans ma direction au cours de sa crise de fou rire. Je m’essuyais avec le plus grand flegme possible et je suis certaine qu’à ce moment mon regard avait la noirceur de celui de Nico.
    « Bon, allez, sérieusement. Un, il faut du matos totalement automatisé : pas question d’utiliser ceux où les opés sont manuelles parce que là une manip = un résultat. Ensuite ben… j’vais pas faire de miracles. Faudra qu’vous alliez à la pêche aux résultats : j’peux m’arranger pour que les données soient stockées sur la base principale d’une planète et que l’accès local soit ultra sécurisé mais j’me refuse à les envoyer en toute transparence vers la Guilde, ça m’obligerait à contourner trop d’sécurités et en conséquence à fragiliser la sûreté de votre système de protection. »

Visiblement satisfait de lui, il rota longuement.
    « Bon alors maintenant faut que je bidouille un de ces analyseurs ».


C’est ainsi que Pent fut acheminé « en aveugle » vers une planète qu’il ne connaissait pas. Dans un méga complexe industriel, il put réaliser son premier prototype assisté par des spécialistes de la Guilde et par un biologiste médical. Les tests s’avérèrent satisfaisants.

Nous avions l’intention de l’installer sur Taloraan pour les essais grandeur nature : le dépistage d’êtres sensibles à la Force allait pouvoir commencer grâce à l'analyse du taux de midi-chloriens par cellule.

Spoiler:

Modification d’un analyseur d'électrolytes pour qu’à chaque prélèvement analysé par la machine (et de façon tout à fait invisible aux utilisateurs), on obtienne :

- Le calcul du taux de midi-chloriens par cellule
- Le rapprochement du résultat avec le patient (identification, coordonnées)
- Le stockage centralisé des données dans un fichier caché dans la BdD centralisée de la Phénix (de la planète ou du secteur concerné).
- L’accès ultra sécurisé à ce fichier sur place (ou en Wi-Fi locale)

Edit Érudition : Modifications validées.


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Re: Journal ouvert d’une Luxienne

le Lun 16 Juil 2012 - 15:10
LEÇON DE PILOTAGE

Pour la première fois Nico me fit monter dans son chasseur personnel. Sa forme évoquait certains oiseaux qu’on rencontre sur Téta. Avec son envergure d’une quinzaine de mètres, il aurait été plus large que long si on avait fait abstraction de l’empennage arrière.



Je fis la remarque à Nico que le nom de Whitecloak convenait mal à cet oiseau couleur de nuit. Il m’expliqua qu’à l’origine les Jedis qui l’utilisaient les avaient voulus blancs pour symboliser la pureté.

Le cockpit n’était vraiment pas destiné aux pilotes obèses ! L’espace exigu offrait deux sièges au confort plutôt spartiate. Cela n’était pas pour me déplaire… je gardais un souvenir heureux de ma leçon de conduite d’airspeeder. Mais hélas nous n’allions pas pouvoir nous permettre des pauses romantiques comme nous l’avions fait dans la campagne tétienne. La couchette minimaliste qui se trouvait derrière les deux sièges était destinée au repos d’un des pilotes et elle exigeait pas mal de contorsions pour pouvoir y accéder.

------------
Je m’installais aux côtés de mon Dragon sur le siège du co-pilote. Je compris immédiatement que la leçon ne tournerait pas à l’escapade amoureuse. Nico m’avertit que le vaisseau était armé et cela m’enleva toute envie de batifoler. Les accélérations me collaient au siège et le passage en hyperespace me laissa un peu nauséeuse. J’allais devoir m’adapter à ces conditions bien moins confortables que celles auxquelles j’étais accoutumée. Je faisais mine d’être tout à fait à mon aise et me concentrais sur les explications techniques concernant le pilotage autant que l’utilisation de l’armement. Le tableau de bord était relativement dépouillé et j’assimilais rapidement les fonctions de chaque commande et la signification des jauges, cadrans et voyants divers.
Lorsque Nico me passa les commandes, j’hésitais une fraction de seconde à me dérober. La vitesse du chasseur, la présence des missiles à concussion ne me permettaient aucune d’erreur sérieuse. Je savais que Nico ne relâchait pas son attention et je me devais d’être la bonne élève que j’avais toujours essayé d’être, malgré le frisson d’appréhension qui me parcourait la colonne vertébrale.


------------
Deux jours, cette leçon dura deux jours ! Ponctuée de grimaces ou de sourires de satisfaction en fonction de mes performances et contre-performances. Je restais digne et imperturbable en apparence, mais une fois revenus au sol, je me jetais dans les bras de Nico pour me réconforter. Nous n’en avions rien dit mais nous savions tous les deux le poids de mon appréhension et de mes craintes durant cette épreuve.
Malgré cela Nico continua à m’entraîner et je le fis avec application, bien consciente que cela pourrait s’averer vital un jour ou l’autre.

A défaut d’être un co-pilote de premier ordre j’en sais assez maintenant pour assister efficacement un pilote aguerri en cas de besoin.



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Re: Journal ouvert d’une Luxienne

le Mar 17 Juil 2012 - 10:06
Spoiler:
Voyons 400-391=9 soit 3 chroniques…
Je commence très sérieusement à être à cours d’idées et je me refuse à écrire des daubes intégrales.

J’hésite à vous donner la recette de la tourte aux Snoruuk ou à rédiger un manuel sur l’éducation à la propreté du spoukama angora. Je crains que ça ne vous fasse pas rêver (mais si ça vous intéresse n'hésitez pas à me demander Wink )… oui, je sais je pourrais vous pondre de l’érotique mais c’est déjà fait, faut pas abuser quand même !

Alors tant pis pour vous : je vais entamer une étude sartrienne (avec des bretelles) sur la vision Luxienne de la Force.

POUR TALI ET LES AUTRES :

------- Nico vient de te reprendre à propos du mot « équilibre ». Je m’aperçois que j’avais moi-même employé ce substantif pour évoquer la recherche luxienne et je suis responsable du reproche qui vient de t’être adressé.

Qu’il sera difficile de faire comprendre notre vision de la Force à nos jeunes élèves alors que l’utilisation d’un simple mot soulève déjà des polémiques.

L’équilibre dont parle Nico, celui qu’il rejette, c’est l’idée de trouver « le juste milieu dans la Force », comme si la Force se composait d’éléments bons ou mauvais.
Outre que pour les Luxiens la Force est Universelle, une et indivisible, on pourrait disserter à l’infini sur le bien et le mal. Il faut garder à l’esprit que ces concepts restent liés au point de vue de l’être qui considère l’événement. Comme disait notre jardinier « le mal est un bien que l’on ne connaît pas » et « ce qui est bien pour le puceron est mal pour le rosier »…
HRP : petit résumé flash du « Diable et du bon dieu » revu et corrigé par « mon jardinier »…. excusez moi, Monsieur Sartre.

Donc partant de ce double principe, on ne conçoit pas qu’il existe des pouvoirs lumineux et d’autres qui soient obscurs. Ce sont les utilisateurs de la Force que l'on pourrait,qualifier de lumineux ou d'obscurs… mais là on se heurte au concept manichéen du bien et du mal que nous rejetons également.

Lorsque j’évoque l’équilibre c’est celui des choix que nous faisons. Là est toute la difficulté : il ne s’agit pas de faire les « bons » choix mais de faire les choix justes et légitimes sans oublier que notre jugement est indéniablement influencé par notre « point de vue », qui, lui, est personnel et dont nous devons nous distancier le plus possible.

Ma pauvre Tali… nous n’avons pas fini de parler de tout cela. Nous n’avons pas des garde-fous comme les Jedis et leurs règles strictes, nous ne nous laissons pas aller à notre instinct comme les utilisateurs dits « sombres ». Comme je te le disais notre voie est probablement la plus difficile mais la plus vraie La recherche du Luxien est perpétuelle, il trace son chemin, chaque jour, à la force de sa Connaissance, de sa conviction, de son intégrité, de son amour des autres...


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Re: Journal ouvert d’une Luxienne

le Mer 18 Juil 2012 - 10:58
Je terminais mes explications pour tenter d’éclairer Tali sur la pensée Luxienne - encore que je ne sois pas certaine de l’appréhender parfaitement moi-même – par "l’amour".

L’amour des autres nous permet de ne pas nous retrancher inconsciemment dans l’égocentrisme, de rester à l’écoute, de nous remettre en question.

L’amour c’est aussi celui de l’être avec lequel on va tout partager. Ma communion avec Nico est totale et sa Force est ma Force. Le concept Jedi dirait que cela obscurcit notre jugement, nous pousse à des actes égoïstes. Ils n’ont probablement pas tort d’une certaine façon. Mais rien n’est entièrement noir ni blanc, ainsi que je l’ai expliqué : notre union nous rend meilleurs, nos méditations nous ouvrent davantage l’esprit, nous apporte davantage de réponses, nous donne de la force dans le quotidien et nous rend plus puissants dans la Force.

PERSONNEL pour Nico :

Nico ! Tu m’as posé une question, il y a longtemps. Pourquoi t’avoir choisi, Toi ? Et j’ai juste dit « je t’aime ». Tu as dû te contenter de cette réponse.
Je voulais faire une déclaration lors de l’officialisation de notre union au milieu de tes amis pour qu’ils comprennent, eux aussi. Mais voilà, nos vies sont si remplies que cette confirmation à laquelle tu tenais tant, tarde à se réaliser. Alors…

Tu m'as tendu la main et je l’ai saisie.

Tu m'as laissé voir ton âme et je l'ai trouvée belle.
Si belle que je m’y suis noyée. J’aime la façon
Dont tu sais offrir ton pardon,
Sans t’accorder aucune concession.
Tu sais douter sans te décourager,
Tu sais regretter, sans cesser d'avancer.

Tu m'as tendu la main et je ne l’ai plus lâchée

Quand tu fronces les sourcils, je redeviens une enfant.
Quand tu es triste, je suis désespérée.
Quand tu souris, mon âme s'illumine.
Quand ta main me frôle, elle déclenche en moi des tempêtes.
J'ai besoin de ta force pour marcher,
J'ai besoin de tes bras pour me réconforter.

Tu m'as tendu la main et je t’ai donné la mienne.

Sans toi Nico, je ne suis plus que la moitié de moi même et je ne saurais plus vivre inachevée et privée de ta lumière.


Spoiler:
Mes chroniques vont se terminer là... je ne suis pas loin de mes 400 PI !
D'autres suivront mais pas au même rythme, assurément.

J'ai tenté d'éviter les daubes totales par respect pour ceux qui ont eu le courage et la gentillesse de me lire.
Cependant ne croyez pas que j'ai fait n'importe quoi : j'ai fait avancer des sujets divers, utiles à nos projets Luxiens ou simplement pour donner de la consistance à nos perso.

Mes chroniques

La vie de Iala :
La Maison Iédastré
Carolus Iedastré, mon frère

Un peu de romance
:
L’épaule de Nico
La cuisse de Nico
Déclaration à Nico

Méditations :
Réflexions à propos de l’Empire
L'idéologie Luxienne
Méditation commune – L’union des esprits

Découverte de personnages :
Portrait de Maître A’Eotll
Portrait de Pent Zegmon (PNJ)

Amélioration des compétences :

Leçon de pilotage d'un chasseur
Leçon de pilotage d'un landspeeder

Avancement des projets de le fondation Phénix :

Department of Health - Socorro
Department of Health - Taloraan
Modification d’un analyseur d'électrolytes par Pent Zegmon. (Validé)


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Re: Journal ouvert d’une Luxienne

le Mer 8 Aoû 2012 - 23:46
Pent Zegmon est, je dois l’avouer, un slicer génial. Cependant je n’ai jamais rencontré pareil dénigreur. Contredire ce qu’on avance est son passe-temps favori et je le crois capable de chercher des arguments pour se contredire lui-même lorsqu’il s’ennuie. Il me fera devenir folle, c’est garanti.
Je vais vous conter sa dernière lubie

LES RAISONNEMENTS INEXPLICABLES DE PENT ZEGMON


Souhaitant offrir un cadeau à un de nos amis il nous vint à l’esprit que Pent utilisait un programme pour décrypter les codes d’accès à la plupart des portes protégées de cette façon. C’était le présent idéal pour cet ami qui en aurait l’usage.

    « Pent pourriez-vous fabriquer un petit appareil autonome utilisant votre programme de décryptage en vue de « crocheter » les ouvertures codées ? »

Je savais, pour l’avoir vu l’utiliser, que cela ne lui posait aucun problème…
    « Nan ! »
    « Pourquoi non ? »
    « Pac’que ce prog m’appartient. »

Quand je pense que Nico a embauché ce fichu Zegmon et que nous lui versons un salaire démentiel tous les mois, cela me met hors de moi.
    « -Mais vous êtes salarié pour ça, il me semble ! »
    « Ouais, faut qu’j’en invente un autre »
    « Mais puisque vous l’avez déjà développé… »
M’insurgeais-je en pensant qu’il allait me rendre folle.
    « Ouaip mais j’étais pas encore à vot’service, hein ! Alors c’est à moi, pas à vous. Faut qu’j’en fasse un qui soit à vous pendant que j’travaille pour vous. Mais faut pas que je copie les séquences du programme pac’que j’veux pas me léser. Ce ne serait pas déontologique. J’suis pas sûr de pouvoir faire aussi bien, c’est ça le problème. »
Pent grattait sa tignasse emmêlée avec énergie, l’air franchement dubitatif.
    « Mais Pent… et si vous nous en faisiez cadeau ?»
    « Voilà une idée qu’elle en est bonne ! Bon alors c’est cadeau, que moi je vous fait pour que vous en fassiez cadeau à votre ami… ouais, là ça me va ! Au fait, vous l’offrez à un mec ou à une nana? »
    « Un homme, pourquoi ? »

Pent avait l’air ravi et moi je désespérais de jamais le comprendre : se moquait-il de moi ou était-il sérieux, j’étais incapable de le dire.

Et c’est ainsi qu’une semaine plus tard, il me remettait avec le plus grand sérieux une petite boite métallique, hérissée de connectiques multi adaptables, d’un joli bleu ciel !!!!
Spoiler:


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